Depuis la victoire à Rennes, Nicolas Marin, passeur ce soir-là, n'a plus été titularisé. Il n'ose pas croire que son penalty manqué en Coupe est responsable de cette mise à l'écart et ne cesse de s'interroger.
Nicolas Marin, une fois de plus vous, n'avez pas été retenu par José Pasqualetti contre Nice. Comment l'accueillez-vous ?
C'est un peu bizarre car je suis mis à l'écart depuis quelque temps. Je ne comprends pas trop, on ne me met pas dans le groupe et on ne me donne pas d'explications. Maintenant, je ne suis pas là pour polémiquer et faire des histoires. Je suis là pour que l'équipe s'en sorte, mon cas personnel passera après. Avant tout, j'espère de tout c½ur que les gars vont s'arracher pour que nous arrivions à nous maintenir car notre groupe est fabuleux. Nous sommes dans une spirale négative et je veux juste que l'équipe se sauve et à la fin, nous discuterons. Mais je ne veux pas entrer en conflit, je ne suis pas comme ça. En ce moment, on ne me prend pas, ce n'est pas grave : je fais ce que l'on me demande et je ronge mon frein.
Comment avez-vous vécu ces dernières semaines ?
C'est énormément difficile. Car quand vous jouez vingt matchs d'affilée comme titulaire et que l'on vous sort de l'équipe du jour au lendemain sans aucune bonne raison, vous n'arrivez pas bien à comprendre. J'ai reçu du réconfort de ma famille, de ma femme et de mon fils. Mon ami Alaeddine Yahia m'a soutenu aussi et je l'en remercie. Je n'ai rien senti venir. Cela a commencé avec ce fameux penalty contre Nantes en Coupe de France. Depuis ce jour-là, je n'ai plus joué et je ne suis même plus dans le groupe maintenant.
La raison de cette mise à l'écart est-elle ce penalty manqué contre Nantes ?
Non, je ne le crois pas et je ne le croirai jamais de ma vie. Car le dernier match que j'ai joué titulaire, c'était face à Rennes. Je fais un bon match, j'apporte le premier but et derrière, je n'ai plus joué une seule minute. Il y a une raison qui m'a échappée et qui m'échappera toujours. Je ne vois pas quelle bonne raison on pourrait me donner. On dit qu'on ne change pas une équipe qui gagne or après Rennes, je suis le seul à être sorti de l'équipe et à ne plus avoir joué. Je vis très mal cette situation car je voudrais apporter beaucoup à cette équipe. Cette année, j'ai fait une bonne saison et contribué à quelques bons résultats. Donc ça me fait chier de ne pas finir la saison : j'ai les dents longues et j'ai envie de jouer. On m'en empêche et c'est ce qui me dérange le plus.
Vous avez dû vous poser énormément de questions sans trouver beaucoup de réponses...
De mon dernier match jusqu'à aujourd'hui, je ne me pose encore dix mille questions : à savoir ce que j'ai fait ou pas fait. Quand vous jouez trois matchs titulaire et que vous ne sortez pas, ça veut dire que vous êtes performant et qu'il n'y a pas de quoi être mis à l'écart du groupe. Après, concernant l'extra-sportif, je suis professionnel à 150%. Je ne suis jamais arrivé en retard, je suis tout le temps à l'heure et je fais tout ce que l'on me demande de faire. Je ne vois pas ce que j'ai fait de mal.
Et les contacts avec d'autres clubs ?
Je ne sais pas si c'est ça. Peut-être que les dirigeants ont entendu ça mais moi, je n'ai même pas de contacts actuellement avec mon agent, donc c'est peut-être du pipeau qu'autant de clubs me veulent. En tout cas, je ne sais pas ce qui s'est passé par la tête des dirigeants. Je me suis rendu compte là que le foot allait vite : un jour vous êtes au top, vous jouez et on vous voit et le lendemain, c'est fini. Je suis à la cave, tant pis. Avant avec Sedan, ça s'était bien passé. L'année dernière, la montée, j'avais fait 35 matchs. Cette année, j'ai été blessé au début et après, j'ai été quasiment tout le temps titulaire. Ça étonne beaucoup de monde. Les gens m'appellent pour me demander pourquoi je ne joue plus et pourquoi je ne suis plus dans le groupe.
On imagine que votre avenir passera difficilement encore par Sedan si vous ne rejouez plus d'ici la fin de saison ?
On verra bien. C'est sûr que c'est assez dur mais ce n'est pas le moment d'évoquer un transfert ou pas. Mes agents discuteront avec les dirigeants sedanais à la fin de la saison et ils verront pour l'année prochaine. Mais il est certain que s'ils ne me font plus jouer maintenant, je ne vois pas comment je pourrais être encore sedanais. Il ne faut pas se leurrer ni être fou : ça fait un mois et demi qu'ils ne me font plus jouer. Donc il n'y aura pas de surprises. Mais ça ne sert à rien d'ajouter des problèmes supplémentaires à notre situation. Marin, on en discutera le 28 mai. Aujourd'hui, c'est vrai que c'est dur pour moi. Je l'admets mais je fais tout pour que ça passe incognito pour le bien de l'équipe et du club.
Aviez-vous connu ce genre de situation par le passé ?
Jamais. A Saint-Etienne avec Elie Baup, j'étais sorti de l'équipe à un moment donné mais c'est parce que je n'étais pas performant. Ça n'avait rien à voir : je le reconnaissais et il n'y avait aucun problème. Aujourd'hui, je ne peux pas dire que c'est similaire car je suis sorti de l'équipe en ayant gagné, en ayant fait de bons matchs et en ayant marqué et donné des buts. C'est la première fois de ma vie que ça arrive et c'est très dur. Je serais un joueur à problèmes, je comprendrais. Mais je ne dis rien. Au contraire, je mets l'ambiance dans l'équipe pour que le groupe soit bien. Je sais rigoler, je fais tout pour que tout se passe bien et on me fait un coup de crasse comme ça. Je n'arrive pas à comprendre.